Création 2021
Une équipe d’arpenteurs sillonne places et marchés. Ils interrogent l’espace public du point de vue multiple des habitants et des passants. A la rencontre de ces publics qui ont une connaissance et un usage quotidiens du territoire, ils proposent des modes d’interactions à la fois surprenants et bienveillants. Les arpenteurs proposent un mode d’écriture « de rue » où les usagers des espaces publics sont invités à partager leur perception de l’espace commun et relever tout ce qui leur paraît « remarquable ». Au terme de leur arpentage, ayant collectés de multiples impressions, anecdotes et souvenirs, les arpenteurs élaborent une cartographie en ligne. Tout ce qui a été relevé dans l’espace (détails surprenants, curiosités…) est reporté sur cette carte que les habitants peuvent à leur tour arpenter, un objet-souvenir étant remis aux habitants avec l’adresse url de la carte.

Une expérience d’arpentage
Depuis plus de 12 ans, la Cie Home Théâtre a multiplié les interventions et créations dans l’espace public. Cette expérience de « lecture » et « d’écriture » de l’espace a pris la forme d’une grande diversité de formes (théâtrales, littéraires, multimédia…), avec comme point de départ systématique les interrogations et réflexions des habitants.

Cette création s’inscrit dans le cadre de « L’Été culturel », manifestation à l’initiative du Ministère de la culture et bénéficie du soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles des Hauts-de-France.

Arpenter, c’est à la fois mesurer une superficie terrestre et la parcourir à grand pas. Les arpenteurs questionnent l’espace du point de vue multiple des habitants et des passants. Ils sondent les limites de l’espace public/privé. Ils proposent des modes d’interactions surprenants pour interroger avec bienveillance les perceptions et les visions de l’espace. Cette intervention théâtrale explore un mode d’écriture « de rue » où arpenteurs et usagers des espaces publics sont invités à écrire, in situ, et à penser/sonder l’espace commun. Notre propos est avant tout poétique : rouvrir des champs sémantiques et créer des chemins. C’est le chemin, le cheminement commun, qui constitue la création. La démarche des Arpenteurs s’enrichit en permanence, au fur et à mesure des interventions. Elle s’élabore dans les regards, les perceptions et relations qui s’additionnent au gré des arpentages.

Une intervention poétique dans l’espace public
Une équipe d’arpenteurs sillonne places et marchés. A la rencontre des passants, des usagers et habitants, ils questionnent et se questionnent : « qu’est-ce qui est remarquable dans l’espace public ? Comment pense-t-on nos espaces ? Quels en sont les usages ? ».

Relever et répertorier les éléments remarquables
Peu à peu, les arpenteurs construisent un répertoire des éléments remarquables : un arbre, un banc, un trottoir, une plaque de rue, une façade, une fissure mais aussi, pourquoi pas, un ancien commerce, une figure du quartier, une curiosité…Ils créent des statistiques d’occupation des lieux et des usages (nombre de personnes par heure et par tranches d’âge…), envisagent une renumérotation des logements depuis un nouveau point fixe absurde, réalisent des sondages : « Selon vous, la rue monte ou descend ? ». Les arpenteurs sont en tenue de travail, en vêtements fluo dits « de haute visibilité », jamais très loin de leur fourgon. Avec un ensemble d’outils utiles à l’aménagement des espaces publics, ils laissent des traces physiques de leurs passages dans les espaces (marques éphémères à la craie, papiers collés biodégradables…). Ils utilisent d’anciennes unités de mesures (avec comme nouvel étalon la taille de pied d’un passant…) pour évaluer la distance entre deux arbres… Ils proposent aux habitants de modifier l’odonymie des lieux, en imaginant des changements d’indicateur ou de nom : retrouver par exemple l’ancien nom d’une rue, inscrit dans la mémoire collective.

Cartographie numérique
À chaque interaction et mode de jeu, les arpenteurs recueillent les réactions et témoignages des habitants. Ils réalisent des prises de son, prennent des photos et des vidéos. Ce matériau est répertorié, classé et rapporté sur une cartographie en ligne qui rassemble ce qu’ils ont relevé dans tous les espaces qu’ils ont arpentés, mettant en relation espace réel et espace virtuel. Les habitants reçoivent un objet souvenir sur lequel est inscrit l’adresse url de la cartographie. S’ils le souhaitent, ils peuvent enrichir cette carte de nouvelles entrées. L’espace commun se raconte à travers une multitude de perceptions intimes qui s’accumulent en couches, en strates. La démarche est pérenne et s’enrichit au fil des arpentages.

Une intervention qui mêle performance et médiation
Chaque intervention des arpenteurs comporte à la fois un geste artistique, une médiation et une restitution : à la fois physique (marques laissées dans l’espace) et virtuelle (marques rapportées dans la cartographie). La médiation repose sur l’interrogation intime du rapport de chacun à des éléments concrets, solides, tangibles. Interroger le matériel, le bâti, le “touchable”, ce qui nous entoure de façon immédiate. Les imaginaires de chacun se conjuguent pour tramer une fiction collective et inventer de nouvelles manières d’habiter l’espace et de le partager.

Julien Bucci

Julien Bucci

Auteur, lecteur

Créateur de liens par les mots, auteur et comédien, Julien Bucci fonde en 1995 à Marseille la Cie Kartoffeln et développe un projet artistique joyeusement hybride. Il s’installe à Lille en 2007. Il y fonde la Cie Home Théâtre dont le projet se consacre à l’oralité et à l’écriture poétique. Depuis 2014, il développe ses activités d’auteur et se forme à la bibliothérapie. Il est le créateur du Serveur Vocal Poétique.

Ses publications :
Prends ces mots pour tenir. Editions la Boucherie littéraire. 2022.
Au pilon ! Editions du Net. 2015.
Prose aux dits. Editions Nuit Myrtide. 2013.

Son poème dans le SVP :
Mis en voix par l’auteur
Localisation : tiroir 2 / touche 2

Jean-Marie Arnaud Sanchez

Comédien

Jean Marie Arnaud Sanchez, metteur en scène, comédien, tchatcheur, promeneur urbain. Fils de la démocratisation de l’art, il obtient une licence d’études théâtrales à l’Université de Provence en 1993 et amorce son parcours professionnel à Marseille, dans les quartiers nord, en créant l’association RiO autour de théâtre, paroles et quartier. Spectacles, parades, musée nomade du quotidien, tchatchades (débats publics dans la rue), promenades urbaines ou visites guidées, il met ses compétences au service de créations hybrides mêlant différents matériaux et technologie.

Coproduction : Cie Home Théâtre, Association RiO, La Distillerie.
Durée : d’1h à 2h30 (possibilité de faire 2 sessions dans la même journée)
Public : tout public (habitants, usagers de l’espace public)
Avec : trois artistes (auteur/autrice, comédien)
Technique : spectacle autonome techniquement, jouable en tout lieu extérieur passant.
Tarifs : nous contacter